10 septembre 2008
Team ORECA-Matmut : 2009 en tête…
Les deux Courage-Oreca terminent leur tour d’Europe avec l’Angleterre où se dérouleront les 1000km de Silverstone.
Une saison se conclut, mais une autre a déjà commencé pour le Team ORECA-Matmut. Après les 24 Heures du Mans, l’équipe varoise a décidé de mettre à profit les deux dernières manches des Le Mans Series pour aborder 2009 dans les meilleures conditions. Sixième des 1000km du Nürburgring, avec la Courage-Oreca n°5, le team souhaite poursuivre sa montée en puissance à Silverstone, avec deux objectifs : préparer l’avenir et finir sur une bonne note.
« Nous abordons cette ultime épreuve comme une préparation aux 24 Heures du Mans 2009 » confirme David Floury, Chef de projet. « D’ici juin prochain, nous avons prévu quatre courses, deux fin 2008 et deux en début de saison prochaine. Celle du Nûrburgring est déjà passée. Il faut franchir une nouvelle étape pour continuer à progresser à tous les niveaux : exploitation, stratégie, performance de la voiture et des pilotes… Nous voulons ajouter la manière au résultat. »
Stéphane Ortelli et Soheil Ayari, au volant de la LC70E n°5, ainsi que Olivier Panis et Nicolas Lapierre, dans le baquet de la n°6, veulent donc décrocher un bon classement d’ensemble, en se rapprochant des Usines. Pour cela, les quatre hommes pourront compter sur une voiture en constante évolution. « Comme depuis le début de la saison, nous avons introduit différentes nouveautés » précise David Floury. « Cela concerne plusieurs domaines : la performance pure et la fiabilité. Suite au débriefing post- Nürburgring, nous avons fait des modifications de façon à corriger certains points. Parallèlement, nous travaillons toujours sur des changements en profondeur pour 2009. »
« Silverstone est un beau rendez-vous pour finir le championnat » poursuit David. « L’ambiance y est très bonne et le tracé un des plus beaux de l’année. De plus, nous avons d’excellents souvenirs là-bas. En 2005, nous avions gagné en prototype. Ce succès avec l’Audi R8 est en quelque sorte une référence pour nous. La gestion de la stratégie et l’exploitation de l’auto avaient été irréprochables. En 2007, nous nous étions adjugés le titre GT1 avec la Saleen grâce à une victoire acquise avec panache ! »
Avant de s’envoler pour l’Angleterre, Stéphane Ortelli et Olivier Panis ont effectué le shakedown des deux Courage-Oreca ce lundi sur le circuit Paul Ricard HTTT.
Stéphane Ortelli (Courage-Oreca n°5) : « Le châssis peut faire la différence »
Stéphane, que représente pour toi Silverstone ?
« C’est simple, c’est là où j’ai vécu mes plus belles victoires avec ORECA. Je me rappelle encore mon dépassement de l’an dernier, certainement le plus beau de ma carrière. J’étais en bagarre avec Darren Turner, que je respecte tout particulièrement puisque j’ai gagné Sebring en GT1 avec lui. Je l’ai attaqué à la sortie de Bridge et nous sommes restés côte à côte pendant quatre virages ! C’était une superbe passe d’arme et j’avais pu le doubler, lui, un anglais au volant d’une voiture anglaise, avec classe. Ça reste un souvenir très intense. Le second est la victoire avec l’Audi en 2005, avec mon ami Allan McNish. L’arrivée s’était déroulée sous la pluie, dans la nuit… Je découvrais la piste dans ces conditions et je devais résister à la Creation de Campbell-Walter qui était revenue à deux dixièmes. C’était un challenge excitant mais aussi une énorme responsabilité ! Finalement, j’ai eu un déclic dans Beckett : je me suis dit qu’il fallait tout lâcher et nous avons gagné avec six secondes d’avance. Silverstone est également le circuit où j’ai décroché mon premier podium à l’étranger. »
Que faut-il retenir de ces succès pour la course de cette année ?
« En 2005, nous n’avions pas la voiture la plus rapide, mais le team était allé chercher les dernières ressources. L’équipe a été capable de hausser le ton pour gagner. C’est une référence en terme de travail, avec une efficacité totale, humaine et sportive. Nous devons fédérer toutes les énergies pour atteindre ce niveau là lors des 1000km. Je pense à cette course depuis un moment et je veux être le meilleur le 14 septembre. »
Ce tracé convient-il à la Courage-Oreca ?
« Depuis le début de la saison, nous avons beaucoup travaillé sur l’aéro. Nous avons également progressé sensiblement au niveau du grip mécanique. A Silverstone, il faut être capable de rentrer vite dans le virage, garder de la vitesse et ressortir au mieux. Il y a beaucoup d’enchainements de courbes rapides. Finalement, je pense que le moteur fait moins la différence qu’ailleurs. Il y a seulement deux grosses relances. C’est une piste où le châssis peut faire la différence. Et si la voiture donne confiance au pilote, alors il peut aussi créer des écarts. »
Olivier Panis (Courage-Oreca n°6) : « Conclure en beauté »
Olivier, dans quel état d’esprit abordes-tu cette finale des Le Mans Series ?
« La n°5 a décroché un bon résultat au Nürburgring. Quant à nous, sur la n°6, nous avions fait une belle qualif et un beau début de course avant de connaître un problème. J’ai à coeur de réaliser une superbe perf à Silverstone. J’adore ce circuit et ses courbes rapides. Je sais que c’est un véritable challenge, d’autant que je m’attends à des conditions climatiques compliquées. Mais cela ne me gêne pas… »
David Floury parle de « passer une étape ». Comment cela se traduit-il en piste ?
« L’ensemble de l’équipe doit progresser, les pilotes y compris. Nous devons être davantage impliqués encore : il faut aller plus dans le détail. La voiture est déjà compétitive et je sais que Hugues de Chaunac et David Floury travaillent déjà pour qu’elle le soit encore plus en 2009 ! Nous allons terminer une année charnière, une année d’apprentissage. Il faut franchir un nouveau palier à Silverstone. »
En tant que pilote, c’est si important de bien finir ?
« Même si avec l’expérience je sais faire la part des choses, oui c’est très important de conclure en beauté. Cela permet de clore un chapitre de belle manière et de donner confiance à tout le team avant d’attaquer les tests hivernaux, qui débuteront dès octobre. La saison a été intense et nous avons une grande envie de briller à Silverstone : avoir les deux voitures bien placées à l’arrivée serait une juste récompense pour tout le monde. »