15 juin 2010

« Une fin cruelle… »

2010_le_mans_nlfinal « Bonjour tout le monde. Par où commencer ? Nous avons eu des 24 Heures du Mans incroyables. Nous sommes passés par tous les états au cours de cette course… et c’est finalement une énorme déception qui nous habite. Le podium était plus qu’à notre portée. Mais après une casse moteur, nous avons dû abandonner à quatre-vingt minutes du drapeau à damiers.

« Les 24 Heures avait débuté par un premier tour assez chaud ! J’avais eu l’honneur de prendre le départ, avec la responsabilité de résister aux attaques de l’Audi d’Allan McNish. J’y suis parvenu au terme d’un duel bien sympa. Par la suite, j’ai pu suivre le rythme des trois autres 908 HDi FAP. Je me suis fait une petit frayeur sous safety car, avec un tête à queue. Heureusement, il n’y a pas eu de conséquence fâcheuse. J’ai simplement dû passer par les stands au cours de la neutralisation.

« La suite de mon relais s’est très bien passé. J’étais toujours dans le coup par rapport aux trois Peugeot officielles. Nous étions solidement accrochés à la quatrième place, puis nous avons progressé dans la hiérarchie au fur et à mesure que les heures ont passé : troisième après trois heures, puis deuxième après huit heures. Nous avons été ralentis une première fois, à la mi-course, suite à un problème de transmission. Nos espoirs de podium se sont alors sérieusement réduits, mais nous n’avons pas baissé les bras et nous avons décidé de nous battre. Avec Olivier et Loïc, nous avons attaqué pour remonter. Nous sommes rapidement passés sixièmes, avant de partir à la chasse à l’Audi, avec pour objectif de revenir sur la n°7. Il a fallu patienter pour retrouver le quinté de tête, mais nous n’avons toujours rien lâché. Nous étions cinquièmes après 20 heures, puis quatrième après 22 heures… mais après les abandons de deux Peugeot. Nous étions la seule 908 HDi FAP rescapée, et toujours cette Audi  en  point de mire.

« Au volant, c’était plus des tours de qualifs les uns après les autres qu’un relais traditionnel. Et ce malgré le fait qu’il s’agissait parfois de quadruple stint avec le même train de pneus ! Hugues de Chaunac nous avait donné une consigne : attaquer ! Nous avons suivi sa consigne à la lettre, étant parmi les voitures les plus rapides en piste… voire la plus rapide ! C’était la guerre : on se battait pour le moindre dixième. Cela nous a permis de revenir à moins de dix secondes de l’Audi après un superbe relais de Loïc. Il restait un peu plus d’une heure et nous étions sur un rythme plus élevé que McNish/Capello/Kristensen. Le podium commençait à se dessiner. Et puis Loïc a dû s’arrêter à Arnage, sur casse moteur.

« C’est une fin cruelle. L’ensemble du Team ORECA-Matmut avait fait un super travail durant l’épreuve, que ce soit dans l’exploitation de la Peugeot ou lors des ravitaillements. Nous avions dit que nous serions dans le match : on était dans le vrai. Je crois que nous avons surpris pas mal de monde. Sans le changement de demi-train arrière durant la nuit, on aurait même été à la bagarre pour la victoire.  Quoi qu’il en soit, nous méritions le podium et s’arrêter de cette manière, à quatre-vingt minutes de la fin, c’est dur à avaler. Nous avons clairement montré ce dont nous sommes capables… et c’est avec un esprit de revanche que nous reviendrons l’an prochain. »

Nico’